mercredi 17 février 2016

Offrir de la sollicitude, de l’attention, de l’affection

« Donne toujours plus que tu ne peux reprendre. Et oublie. Telle est la voie sacrée. » 
René Char

Face à quelqu’un qui souffre, nous nous sentons souvent démunis ; nous ne savons que faire pour l’aider, imaginant qu’il faudrait être plus généreux, plus intelligent, plus psychologue… 

Mais en réalité, le plus beau cadeau à lui faire est d’être plus… présent ! 

La pleine présence contient en elle attention et sollicitude. Être auprès de quelqu’un qui souffre, assis à ses côtés, dans une pleine écoute de la situation est ce que nous pouvons offrir de plus précieux. 

S’oublier, oublier pour de bon ses soucis, ses préoccupations pour se tourner vers cette personne et vers ce qu’elle manifeste, entrer en relation avec sa qualité de présence, voilà un signe de profonde affection.

dimanche 14 février 2016

Sélection de livres pour s'initier à la méditation


Merci à Claire Séjournet, journaliste pour +FemininBio  d'avoir accueilli mon deuxième livre dans sa sélection, aux côtés de Fabrice Midal, Etre au monde 52 poèmes pour apprendre à méditer, et de Jack Kornfield, La sagesse du coeur,  c'est chic !

Voici ce qu'elle en dit :

La méditation de la bienveillance
"Difficile d'accepter les contrariétés du quotidien, qui nous poussent plus vers la violence que la bienveillance. Pourtant, vivre dans l'intelligence du coeur, c'est bon pour notre moral comme notre santé et tellement plus rayonnant pour les autres ! Ce livre très complet est une invitation à aimer en action."

La sélection complète c'est ici

jeudi 4 février 2016

Bien démarrer la journée

Il y a quelques jours, Ophélie Ostermann, journaliste chargée de la rubrique "bien être" pour Madame Figaro me demandait si la méditation m'aidait à bien démarrer ma journée. J'ai trouvé très intéressant de regarder alors comment cette pratique profonde pouvait devenir une ressource à différents moments de la journée et rendre notre quotidien plus "éveillé" ! 

 

Voici l'article qu' Ophélie Ostermann a publié :

Stress dès le réveil, trajets interminables... Nous ne sommes pas toujours dans de bonnes conditions pour débuter la journée. Heureusement, quelques exercices de méditation simples peuvent aider à s'y préparer. Les conseils de Marie-Laurence Cattoire, chef d'entreprise, enseignante de méditation et auteure de La méditation de la bienveillance, c'est malin

Au saut du lit

La journée n'est jamais aussi mauvaise que lorsque l'on se lève du mauvais pied. Alors pour se mettre dans de bonnes conditions, on prend cinq minutes de notre timing du matin pour s'offrir un espace de relaxation.
Asseyez-vous sur un coussin ferme ou une chaise en prenant une posture naturelle, ni trop tendue ni trop lâche. N'essayez pas de méditer immédiatement, contentez-vous de sentir le poids de votre corps sur le coussin ou la chaise. Prenez quelques minutes pour sentir comme il est bon de n’avoir rien d’autre à faire que d’être là, assis. Examinez maintenant mentalement votre posture : votre dos est-il droit ? Vos épaules bien relâchées ? Vos lèvres entrouvertes, votre regard posé sur le sol, à environ 1,50 m devant vous ? Ajustez en douceur ce qui vous semble nécessaire et commencez à vous concentrer sur votre souffle. Vous sentez juste l’air entrer, par la bouche ou par le nez, puis vous sentez l’air sortir et vous portez une attention légèrement plus fine à cette expiration, jusqu’au bout… Puis vous laissez l’air entrer de nouveau. Si des pensées traversent votre esprit, revenez simplement à l’instant présent, sur votre coussin ou votre chaise, et dites mentalement « bonjour » pour bien marquer la différence entre le moment où vous étiez dans vos pensées et la qualité de votre présence maintenant que vous êtes revenu au corps.
Photo de William Eggleston
remarquable photographe de l'instant présent.

Dans la rue

Si vous avez la chance de vous rendre au bureau à pied, mettez la balade à profit pour méditer. Ralentissez légèrement le rythme de votre marche en mettant tout votre poids dans les jambes. Concentrez-vous et sentez le contact de la plante de vos pieds sur le sol. Regardez autour de vous, le paysage, les immeubles, la couleur du temps. Écoutez la diversité des sons.

Dans le bus ou le métro

À première vue, les bus et métros bondés des grandes villes riment davantage avec cohue qu'avec méditation. Et pourtant, vous pouvez vous abandonner quelques instants pour passer le temps et vous préparer à débuter votre journée.
Prenez quelques secondes pour regarder tous ceux qui vous entourent et laisser votre esprit slalomer. Cette femme très coquette qui se remaquille, cet homme entièrement absorbé par son smartphone et qui sourit de temps à autre, cet enfant qui tient la main de son père et regarde en l’air tout étonné, les gens debout dans une position inconfortable qui aimeraient tant pouvoir s’asseoir ou encore cette petite dame à l’air ronchon. Prenez le temps de vous laisser toucher par ces personnes. Sont-elles si différentes de vous ? Laissez résonner en vous cette question quelques secondes. Vous pouvez aussi pratiquer l'exercice dans la file d'attente du supermarché ou dans une administration.

Dans le train

Le trajet étant logiquement un peu plus long, ne vous laissez pas bercer par les annonces SNCF, dégainez vos écouteurs et laissez-vous guider par des instructions de méditation enregistrées. Elles permettent de ne plus avoir à réfléchir sur ce que l’on doit faire, mais juste de suivre la voix, qui décrit la posture et le sens de la pratique. Il est ainsi possible de méditer dans le TGV sans en avoir l’air…

Pendant une réunion

Si, si. Il est possible de ne pas virer à l'écarlate suite à la remarque déplacée de votre collègue ou au recadrage de votre boss en pleine réunion. Quand vous êtes soudainement déstabilisé par une situation, une réflexion, pensez à revenir à votre corps, à votre présence corporelle. Essayez de prendre conscience en quelques instants du poids de votre corps sur le sol, du volume de votre corps dans l’espace. Puis, revenez à votre souffle, l’inspire-l’expire, avant de répondre ou de réagir.

mercredi 3 février 2016

Le blog des intervenants

A lire, le tout nouveau blog de l'Ecole occidentale de méditation qui publie les chroniques des intervenants, à savoir ceux qui transmettent la méditation lors des soirées et de stages.

Une belle manière de découvrir comment vivre la méditation au quotidien

Le blog des intervenants : Un sourire se dessine
« Parfois, parce que vous êtes heureux vous souriez. Mais parfois aussi, parce que vous souriez, vous êtes heureux. » Thich Nhat Hanh  ...

dimanche 10 janvier 2016

Relations sociales et professionnelles : et si on essayait la bienveillance au travail ?

En septembre dernier, j'ai publié un ouvrage sur la méditation de la bienveillance. J'aimerais aujourd'hui, et pour bien démarrer 2016, partager avec vous mon constat sur l'état des relations humaines dans le monde du travail, à partir du quotidien d'une chef d'entreprise.

Le phénomène de la double injonction
Le monde du travail est de plus en plus souvent jalonné de ce que nous pourrions nommer des « missions impossibles ». Si cette expression a donné son titre à une délicieuse série télévisée de la fin des années 1960, elle s’avère d’une réalité un peu moins « glamour » dans le quotidien : on nous demande d’être toujours plus efficace en toujours moins de temps, toujours plus exhaustif avec des contraintes croissantes, toujours plus créatif avec de moins en moins de moyens, d’avoir de l’initiative et des idées neuves, mais sans rien changer, ou encore d’être détendu et en pleine santé, mais en restant entièrement disponible pour l’entreprise…
Nul n’échappe à ce phénomène social qui envisage la maîtrise totale de tout comme une possibilité réelle, en faisant fi des accidents, de l’imprévisible, de notre finitude, et qui considère – sans le dire – que les hommes doivent pouvoir se comporter comme des machines, avec la même « efficacité » et la même infatigabilité.
Si nul ne peut prédire où nous mènera cette étonnante course vers le « zéro défaut », nous pouvons voir en revanche combien elle donne lieu, jour après jour, à des objectifs en contradiction avec les contraintes, à des ordres et des contre-ordres, à l’accumulation de données, au départ compréhensibles et intéressantes, en tableaux de statistiques illisibles et faussement rassurants.
Cela m’évoque ce que le mouvement de pensée de l’École Palo Alto [1], fondée en 1954, appelait la double injonction (ou « double contrainte ») : demander une chose et son contraire dans la même phrase, et mettre ainsi son interlocuteur dans l’impossibilité d’accomplir sa tâche ou, dans le moins pire des cas, le plonger dans un doute complet quant à sa capacité à répondre à la demande. 
C’est un phénomène très courant aujourd’hui qui, s’il n’est pas forcément induit par de mauvaises intentions, peut être enrayé par une attitude bienveillante.

En quoi la bienveillance peut-elle aider ?
La méditation nous apprend, au fil de la pratique, à voir plus clair dans les situations et notamment à être moins aveuglé par la pression, l’urgence et l’autorité abusives. Elle nous permet donc, dans un premier temps, d’avoir une plus grande discrimination entre ce qu’il est possible de faire et ce qui ne l’est pas, entre les situations sur lesquelles nous pouvons agir et les autres.
La méditation de la bienveillance nous apporte quant à elle un regard plus doux et plus ouvert sur les situations. Elle nous permet de ne plus tout prendre pour une attaque ou un défi personnel. Une nouvelle confiance naît de la pratique, qui nous aide à faire le tri entre ce qui est vraiment problématique et ce qui n’est qu’un caprice (de notre part ou de la part de notre entourage), qui passera, si l’on sait faire preuve d’un peu de patience.
En tant que manager, la pratique de la bienveillance nous aidera également tout simplement à mieux traiter nos collaborateurs, à laisser tomber la mauvaise foi au profit de l’honnêteté qui est, au fond, une qualité à laquelle nous aspirons tous.
Les managers vraiment compétents sont attentifs aux différentes manières de prouver leur reconnaissance envers leurs équipes. Pour eux, il ne s’agit pas là d’une stratégie pour obtenir plus d’efficacité en entreprise, mais d’une réelle gratitude envers les femmes et les hommes qui contribuent à la réussite générale.

[1] École fondée en 1952 par l’anthropologue Gregory Bateson pour étudier le « paradoxe de l’abstraction dans la communication ». En 1956, les membres du projet publient un article commun Vers une théorie de la schizophrénie qui introduit le concept de « double contrainte » qui va bouleverser les conceptions psychiatriques traditionnelles. Voir à ce propos les passionnants ouvrages de Paul Watzlawick.

dimanche 6 décembre 2015

La méditation entre à SciencesPo

Méditer dans le jardin de SciencesPo Paris.
SciencesPo est une école de renommée internationale dont la vocation est de former les leaders de demain. Voilà ce qu'on peut lire dans le dossier de presse de présentation :
"Fondée en 1872, SciencesPo forme depuis 140 ans les futurs responsables du secteur privé comme de la haute administration, de la politique et de la recherche. La formation intellectuelle fondamentale s’ancre dans l’étude du droit, de l’économie, de l’histoire, de la science politique et de la sociologie. Elle est nourrie par une recherche de pointe élaborée par les équipes scientifiques de SciencesPo. Son projet éducatif repose sur l’acquisition de connaissances et de compétences disciplinaires comme professionnelles et vise à développer chez les élèves, le sens du discernement et du jugement, la curiosité intellectuelle, la hauteur de vue et l’esprit de responsabilité."

La dernière phrase m'a particulièrement interpellée - on pourrait quasiment y voir une définition de la méditation qui est un entrainement à développer le sens du discernement, la curiosité intellectuelle ou l'esprit de responsabilité - surtout quand j'ai appris qu'une association d'élèves venait d'être créée, à la rentrée dernière, pour sensibiliser à la méditation et l'enseigner à ceux qui le souhaitent dans le cadre même de cette école réputée.
Cette jeune association s'appelle… Méditation & Action ! Et oui, comme le blog que je tiens depuis bientôt deux ans.

Ce joli nom, nous le devons en fait au titre d'un livre de Chögyam Trungpa, le plus occidental des maîtres tibétains. Fuyant son Tibet natal en 1959 lors de l'invasion chinoise, Chögyam Trungpa a appris l'Anglais et s'est rapidement dirigé vers le Royaume-Uni puis le Canada où il s'est installé dans les années 70. Il a enseigné la méditation aux Américains d'une manière claire, en la libérant de tout aspect folklorique qui aurait pu divertir son auditoire. Au lieu de cela, Chögyam Trungpa a encouragé ses étudiants à développer leur intelligence, leur curiosité et leur esprit de discernement. Chogÿam Trungpa est un maître spirituel qui nous incite à partir de ce que nous sommes, sans rien soustraire et sans rien ajouter. Il n'est donc pas question d'abandonner notre culture propre. Il est à l'origine d'une des plus importantes communautés de méditants en Occident. Son ouvrage Méditation & Action, que j'ai découvert en 2005, est une très belle invitation à ancrer la méditation dans sa vie quotidienne.

Martin Monin à droite et ses deux acolytes
de Méditation et Action, Losang et Camille.
Mais revenons à l'association Méditation & Action. Elle a été créée par 3 élèves de SciencesPo, sous l'impulsion de Martin Monin, étudiant de 4ème année. Martin a découvert la méditation lors en janvier 2014. Il a tout de suite compris que cette pratique lui offrait un chemin d'intelligence et de transformation concret. Depuis, il a réfléchi à la manière dont il pourrait faire connaitre la méditation, afin qu'elle puisse aider les étudiants de son école, soumis à une densité de travail, à des défis et à une pression quotidienne que l'on peut facilement imaginer. Martin Monin a vu que la méditation pourrait être une ressource profonde pour ces "futurs leaders" qui, au-delà de leur solide formation intellectuelle, se doivent aussi d'apprendre à entrer en rapport avec bienveillance aux autres, au monde et à eux-mêmes, à développer une disposition d'ouverture précieuse en toute situation. C'est ainsi qu'il a donné naissance à son association. 
Pour créer une association au sein de SciencesPo, il faut "mener campagne", réussir à convaincre de l'intérêt et de la légitimité de l'entreprise… Ce sont des centaines de projets qui sont présentés chaque année aux élèves et à l'encadrement pédagogique. Méditation et Action a reçu l'aval début Octobre 2015 et aujourd'hui Martin donne des instructions de méditation tous les jeudis soirs aux étudiants qui le souhaitent.
Regardez la petite vidéo qu'ils ont réalisée, elle est drôle et tellement juste. Et pour liker leur page Facebook c'est ici.



lundi 30 novembre 2015

La méditation au Théâtre du Châtelet

Témoigner devant 2000 personnes
au Théâtre du Châtelet. Photo ©Claire Cocano
Le 11 novembre 2015 s'est déroulée une journée consacrée à la méditation dans un des plus prestigieux théâtres parisiens, celui du Châtelet. Baptisée "Méditation 2015", cet événement co-organisé par le magazine La Vie et l'association Ecole occidentale de méditation, regroupait les plus grands noms de cette pratique ancestrale et qui interpelle tant notre monde aujourd'hui ; le psychiatre Christophe André, le moine bouddhiste Matthieu Ricard ou le philosophe Fabrice Midal étaient invités aux côtés des chrétiens Jean-Marie Gueullette ou Sheelah Trefle. 
La rédactrice en chef de La Vie Elisabeth Marshall m'a également demandé d'intervenir. Elle souhaitait avoir le témoignage de femmes et d'hommes qui, malgré des emplois du temps bien remplis, réussissent à ancrer la méditation dans leur quotidien.
Ce fût pour moi une belle surprise et une grande joie. Celle d'avoir le privilège de parler devant 2000 personnes, dans une salle mythique où j'ai vu jouer les merveilleuses mises en scène de Robert Wilson, où j'ai découvert le théâtre Kabuki japonais ou encore la Dame aux Camélias… 
En fin de journée, les remerciements et les témoignages amicaux que j'ai reçus m'ont confortée dans l'idée que présenter simplement mon expérience, comme je l'ai fait dans mes deux premiers livres, pouvait être réellement aidant.

Voici quelques extraits de cette intervention :

"Je suis très heureuse de pouvoir témoigner aujourd’hui de ma rencontre avec la méditation. Comment quelqu’un d’ordinaire, avec une vie normale d’occidental, sans prétention spirituelle particulière, peut tomber profondément amoureux de la méditation ? 
J’ai découvert la méditation il y a un peu plus de 10 ans. 
J’étais fatiguée de mon rythme effréné, de toutes les responsabilités que je m’imposais et surtout des différents rôles sociaux que je croyais devoir tenir. Je sentais que, même si de l’extérieur tout semblait aller pour le mieux – trois beaux enfants, une entreprise qui « roulait », un gentil mari…- à l’intérieur rien n’était unifié, j’étais une inconnue pour moi-même, il manquait un sens d’harmonie, comme un centre, un axe… qui me permette de trouver une direction. 
Je me suis inscrite à un stage de méditation, enseigné par Fabrice Midal, et dès les premières heures de méditation j’ai compris qu’il y aurait un AVANT et un APRÈS. 
Pour la première fois de ma vie, je sentais que j’avais le droit d’être, même pas être quelqu’un ni même être moi, mais juste être, avoir ma place sur cette terre, sans me justifier, sans rien faire, sans demander l’autorisation à qui que ce soit et sans chercher à m’améliorer non plus.
J’ai compris alors que cette pratique prendrait une place centrale dans ma vie et j’ai commencé à me demander comment faire ? Comment trouver assez de temps pour méditer ? Comment trouver l’espace pour méditer ?
Première chose que j’ai faite en rentrant à la maison c’est de me lever 20 mn plus tôt. Cela peut paraître tout simple mais c’est ce qui m’a permis de pratiquer quotidiennement. Nos trois enfants étaient alors très jeunes et je pouvais me lever avant eux, méditer pendant que la maisonnée était encore endormie. 
Ensuite quand ils sont devenus adolescents c’est plutôt après leur départ au collège ou au lycée, et avant de commencer ma journée professionnelle, que j’ai mis en place un temps pour méditer. 
Donc trouver le bon moment dans la journée, et s’y tenir en respectant le temps de pratique que l’on a décidé (10, 20, 30 minutes) est sûrement la première chose à faire. 
La deuxième chose est d’aménager clairement un espace pour méditer chez soi. 
Dans sa chambre si l’on médite au lever, dans le salon où la pièce à vivre, un coussin ou une chaise, une image que l’on aime bien, un bâton d’encens ou une bougie peuvent suffire à nous inspirer et nous connecter à l’esprit de la pratique. 
Mais, si je puis me permettre un petit conseil, ne cherchez pas à vous isoler à tout prix. Cela ne fera qu’entraver votre pratique et mettre mal à l’aise ceux avec qui vous vivez. Finalement vouloir s’isoler ou vouloir le calme absolument, cela crispe tout le monde ! Il me semble important notamment de ne pas exiger le silence parce que « maman ou papa  médite », cela va, pour moi, à l’inverse du sens de la méditation…" 
En coulisses, très bien entourée par
Christophe André et Fabrice Midal.
Photo ©Elodie Laleuf
"...Une fois que notre pratique quotidienne est bien installée, on s’aperçoit que l’on peut aussi méditer quelques minutes dans bien des endroits et en toute discrétion : il m’arrive de méditer dans la salle d’attente du médecin ou du dentiste, plutôt que de lire des magazines périmés, dans le hall d’accueil d’une entreprise avant une réunion de travail, dans le train lors de mes déplacements professionnels j’ai toujours des instructions de méditations enregistrées sur mon smartphone que j’écoute au casque, dans un jardin public. Nous pouvons ainsi prendre l’habitude, plusieurs fois dans la journée, de revenir à notre corps au lieu de nous sentir perdu, de revenir à notre souffle, de porter une légère attention à notre respiration pour nous synchroniser au monde…."
"… Si la méditation a changé ma vie et continue de changer ma vie chaque jour un peu plus, ce n’est jamais comme je l’imaginais, cela ne prend pas les chemins que je croyais. Méditer est un remarquable geste de confiance. Il faut faire confiance à la pratique. Et pour lui faire confiance, pour qu’elle devienne quasiment une seconde nature – ou plutôt devrais-je dire qu’elle nous ramène à notre vraie nature ! – il faut la pratiquer, tout simplement. 
Rien d’intellectuel, rien d’ésotérique, rien d’inaccessible, juste s’asseoir et laisser œuvrer en nous la méditation."

dimanche 29 novembre 2015

Passer de l’étranger au familier

Développer de la bienveillance aussi...
... 
envers soi !
En nous familiarisant avec nos comportements, nos imperfections, nos petites manies comme avec nos grands élans, en les regardant avec humour et bienveillance, la pratique de la méditation nous aide à développer une véritable amitié pour nous-même.
« Il est important de comprendre qu’éprouver amour et compassion envers soi-même ne veut pas dire que vous renforciez votre ego ou votre orgueil. Cela signifie que vous traitez chaque être, y compris vous-même, de manière semblable et juste. Avec équanimité ! » Dalaï-Lama 
Être bon avec soi-même nous aide à devenir bon avec les autres. Si nous pouvions enregistrer la myriade d’insultes que nous nous adressons au quotidien, cela nous serait probablement insupportable de les réécouter ! « Mais quelle andouille ! Quelle idiote ! Ah cette maladresse, c’est toi tout craché ! Tu ne peux pas t’empêcher de te planter ! C’était couru d’avance ! Tu l’as bien cherché… » Plus nous avançons sur le chemin de la bienveillance, plus cette manière de faire nous semble grossière, cruelle et parfaitement inutile. En effet, comment traiter les autres avec bonté quand nous sommes si dur avec nous-même ?
Apprendre à nous « parler » avec gentillesse, à avoir de la bonté pour nous-même, de la sollicitude, de l’indulgence pour ce que nous considérons comme nos erreurs ou nos travers peut réellement nous aider à améliorer notre relation aux autres.
Dans son livre Compassion, Karen Armstrong relate l’histoire du Rabbin Albert Friedlander qui a grandi dans l’Allemagne nazie. Profondément abasourdi par la virulente propagande antisémite qui l’assaillait, il décida une nuit, alors qu’il allait avoir 8 ans, de rester « délibérément éveillé et [de dresser] une liste de toutes ses qualités. Il se dit avec fermeté qu’il n’était pas ce que les nazis racontaient ; qu’il avait des dons particuliers de cœur et d’esprit ». Lui et sa famille réussirent à fuir en 1939 alors qu’il avait 11 ans. Des années plus tard, une fois devenu un adulte exemplaire de bienveillance, « il affirmait toujours qu’il n’aurait rien pu faire pour de bon s’il n’avait pas appris, en cette période terrible de l’Histoire, à s’aimer lui-même ».

Cet article est un extrait de La Méditation de la Bienveillance, paru le 11 septembre aux Editions Leduc.

dimanche 1 novembre 2015

Un sourire se dessine

« Parfois, parce que vous êtes heureux vous souriez. Mais parfois aussi, parce que vous souriez, vous êtes heureux. »
A la lecture de cette si jolie phrase de Thich Nhat Hanh j'ai eu envie de partager avec vous un extrait de mon livre sur la bienveillance, qui parle de la grâce du sourire et de son pouvoir magique :

"Avez-vous déjà remarqué comme un sourire peut changer la qualité de notre humeur, la tonalité d’un moment ?... Que ce soit notre sourire ou celui offert par une amie, un professeur, un commerçant, une inconnue dans la rue. 
Un sourire franc et spontané possède un incroyable pouvoir magique : celui de nous détendre sur le champs, d’ouvrir la situation et l’espace autour de nous. Il  nous fait sortir de la rêverie ou des soucis dans lesquels nous étions perdus, pour nous ramener sans délai à un présent frais et vif. Quand quelqu’un nous sourit pour de bon, nous nous sentons légitimes, heureux, soulagés. Pourquoi nous infliger griefs et manques d’égards alors que nous pourrions simplement nous sourire et propager ce sourire ? C’est très phénoménologique, essayez : souriez et soudain vous vous prenez moins au sérieux, vos inquiétudes ont moins de prise, votre visage se détend, vous vous sentez mieux. Souriez et le paysage s’ouvre devant vous.
J’aime beaucoup, quand je prends le métro, voir une jeune femme qui sourit en recevant un texto. Son sourire me met tout de suite de bonne humeur, me connecte directement à une joie sans histoire, sans raison, sans objet. 
La beauté du sourire offre une brèche qui nous permet de sortir de l’isolement que nous avons créé…"

Grâce à la pratique de la méditation nous découvrons un sens d’amitié profond pour nous-même : nous arrêtons de nous en vouloir, les pensées ne sont plus vues comme des ennemies, nous savons que nous sommes plus vastes que nos seuls événements mentaux.
L’inquiétude, le ressentiment, le jeu de nos projections s’arrête.
De là peut apparaître un grand soulagement, une détente véritable, celle de savoir que nous sommes bons comme nous sommes.

Alors un sourire se dessine.
Et nous sentons que la joie est là, à portée de nos lèvres.

dimanche 11 octobre 2015

Méditation et bienveillance sur France 2

La semaine dernière, une journaliste de France 2 m'appelle pour savoir si j'accepterais de répondre à quelques questions sur la méditation pour l'émission Comment ça va bien. Connaissant l'émission plutôt pour sa rubrique "déco-maison" que pour ses conseils "bien-être", je googlelise le chroniqueur en charge, Erwann Menthéour, et découvre un homme au parcours étonnant et atypique. 
Après avoir été le premier coureur cycliste professionnel à dénoncer le dopage, Erwann Menthéour s’est attaqué aux idées reçues en matière de santé et d’alimentation et ce, face à de puissants lobbys…
Interwiew avec Erwann Mentheour
L'ancien cycliste pro aux mille vies (cascadeur, chanteur, écrivain, puis coach sportif et entrepreneur) déclare au Journal du Dimanche : "Oui, on a pris des risques. Se doper est mauvais pour la santé, tout comme le tabac, l'alcool ou la junk food…" C’est sur ces maux du XXIe siècle que Erwann Menthéour s'échine à éveiller les consciences. Tel est le nouveau combat de l'ancien enfant terrible du vélo qui avait quitté le peloton à 24 ans seulement, et publié de fracassantes confessions deux ans plus tard dans son livre "Secret défonce : ma vérité sur le dopage". 
Lui plaide : "Je ne suis pas un chevalier blanc mais j'estime qu'il est de ma responsabilité de faire en sorte que le monde aille mieux."

Au début des années 2000 il s’intéresse aux bienfaits des médecines alternatives. Sa femme est gravement malade – les médecins estiment que ses jours sont comptés – et lui-même souffre d'importants problèmes rénaux. Il se penche notamment sur l’impact nocif d’une mauvaise alimentation sur la santé et son lien avec la multiplication des pathologies modernes (cancer, diabète, obésité...). Ainsi démarre une nouvelle vie pour lui, tournée vers la santé et le soin de soi.

Malgré le ton humoristique et parfois léger de l'émission, c'est donc avec une profonde conscience
qu'Erwann anime aujourd’hui la rubrique bien-être de Comment ça va bien.
Dans ce cadre, il a demandé à me rencontrer pour que nous parlions de la méditation et de ses bienfaits. Accompagné de son équipe de tournage, il est venu me rendre visite dans mes bureaux pour une interview pleine de bienveillance ; étant lui-même adepte de la méditation (une de ses premières phrases est cette citation du Bouddha  « Celui qui se livre à des méditations claires trouve rapidement la joie dans tout ce qui est bon. Il voit que les richesses et la beauté sont impermanentes et que la sagesse est le plus précieux des joyaux ») Erwann aurait pu arriver avec ses idées préconçues et tenter de me faire dire ce qu’il voulait entendre… Au lieu de cela, il a fait preuve d’une belle écoute et nous avons pu parler librement des fruits de cette pratique ancestrale. Le reportage a été diffusé mardi dernier sur France 2.

"Comment ça va bien", qui entame sa septième saison, réunit chaque jour près de 800.000 téléspectateurs. L'émission est consacrée au bien-être et à l'art de vivre. Elle est animée par Stéphane Bern qui dit de Erwann "J'ai rarement vu quelqu'un comme lui : il aime les gens et il a réellement envie qu'ils aillent mieux."